Les Carnets Hysope · Carnet 01 · Couleur
Par Laure, fondatrice d’Hysope Équitation.
Bordeaux ou marine : quelle couleur choisir pour une tenue de cavalière que l’on aime aussi porter en ville ?
Le bordeaux apporte une présence chaleureuse ; le marine permet de jouer des contrastes plus sobres. Pour choisir, je regarde la nuance près du visage, mais aussi les vêtements et les bijoux auxquels elle sera associée.
Aucun test de colorimétrie ne remplace le plaisir de porter une couleur.
Deux couleurs profondes que j’aime pour des raisons différentes. Et entre les deux, il y a ce que l’on voit sur un portant, ce que l’on imagine porter et ce que l’on ressent une fois le vêtement sur soi.
Dans mes carnets, les couleurs ne restent jamais seules très longtemps. Je les rapproche d’une matière, d’un reflet dans les cheveux, d’un bijou, d’un pantalon déjà porté cent fois.
C’est souvent dans ces associations que le choix devient évident.
Pour cet édito, j’ai rassemblé quatre pistes autour du bordeaux et du marine. Des observations à essayer devant un miroir, plutôt que des règles à suivre.
La colorimétrie peut donner des repères ; elle n’a pas à décider à notre place.
Comment choisir entre bordeaux et marine près du visage ?
Avant de chercher ce qui nous va, il faut parfois simplement changer de lumière. Une ampoule jaune réchauffe les teintes, une lumière très froide en modifie la perception.
Pour regarder un vêtement près du visage, je préfère la lumière du jour, près d’une fenêtre, sans soleil direct.
On peut alors approcher les deux couleurs tour à tour, sans changer le reste de sa tenue. Observer le visage dans son ensemble, le regard, le contraste avec les cheveux.
Puis prendre un peu de recul : est-ce la couleur que l’on remarque en premier, ou la personne qui la porte ? Et surtout, dans laquelle se reconnaît-on ?
01. Au creux du poignet

Le poignet est l’un des premiers repères auxquels on pense lorsqu’on parle de sous-ton. À la lumière naturelle, les veines peuvent sembler bleutées, violettes ou plus verdâtres.
Dans les repères courants de colorimétrie, les premières sont associées à une tendance froide, les secondes à une tendance chaude. Mais leur lecture est parfois difficile et ne suffit pas à définir une palette personnelle.
Ce n’est pas un verdict, seulement un point de départ.
Ce qui m’intéresse vient ensuite : approcher le marine, puis le bordeaux, et regarder ce qui se passe réellement près du visage.
Le nom d’une couleur ne raconte d’ailleurs pas tout. Un bordeaux peut tirer davantage vers le rouge ou le violet ; un marine être presque noir ou laisser apparaître davantage de bleu. La nuance du vêtement compte plus qu’une catégorie.
02. Les reflets dans les cheveux
Il y a les cheveux tels qu’on les décrit, blonds, châtains, bruns, et puis les reflets que la lumière révèle. Une nuance de miel, un éclat cuivré, une tonalité plus cendrée.
Ces détails changent la façon dont une couleur s’inscrit dans une silhouette.
J’aime observer le bordeaux auprès de reflets dorés ou cuivrés. Il peut y avoir une continuité, quelque chose qui se répond.

Avec le marine, je regarde davantage le contraste : la manière dont sa profondeur dessine le visage et fait ressortir les nuances plus claires.
Il n’y a pourtant aucune association réservée à une couleur de cheveux.
On peut aimer l’harmonie un jour, le contraste le lendemain.
Les cheveux attachés ou détachés modifient aussi l’ensemble. Les regarder comme on les porte vraiment, notamment aux écuries, aide à imaginer la pièce dans sa vie plutôt que sur une photographie.
03. Une feuille blanche pour regarder autrement

Une feuille blanche placée sous le menton, devant un miroir, peut servir de point de comparaison. À côté du blanc, le teint semble parfois plus rosé, plus doré, ou difficile à situer.
C’est un exercice souvent utilisé pour chercher une tendance de sous-ton, avec les limites que cela suppose : la lumière et notre propre perception entrent toujours en jeu.
Je retiens surtout de ce geste le fait de s’arrêter et d’observer. Retirer la feuille, approcher le vêtement, puis comparer.
Le marine donne-t-il le contraste que l’on aime ? Le bordeaux apporte-t-il la présence que l’on recherchait ?
Si rien ne paraît évident, il n’y a pas de résultat à forcer. Une préférence n’a pas toujours besoin d’une explication technique.
04. Quels bijoux associer au bordeaux et au marine ?
Les bijoux que l’on choisit sans réfléchir en disent souvent davantage sur nos goûts que les réponses à un test.
Une bague dorée que l’on ne quitte pas, une chaîne argentée, des perles, plusieurs métaux mélangés : ce sont déjà les premières notes de notre vestiaire.
Ils ne permettent pas de déterminer un sous-ton. En revanche, ils donnent une piste très concrète pour choisir une couleur que l’on aura plaisir à porter.

Le bordeaux et l’or créent une association chaleureuse que j’aime pour sa profondeur. Le marine et l’argent peuvent dessiner un ensemble plus net.
Mais le marine avec l’or est tout aussi intéressant, comme le bordeaux avec l’argent. Tout dépend de l’effet recherché et de ce que l’on porte autour.
Essayer avec ses propres bijoux permet de quitter un instant les couleurs abstraites pour retrouver quelque chose de familier : sa façon à soi de s’habiller.
Comment porter le bordeaux ou le marine à l’écurie comme en ville ?
Dans un carnet, on rapproche les idées. Dans un vestiaire, on rapproche les pièces. Le pantalon d’équitation que l’on porte le plus, un jean clair, une veste écrue, une ceinture : ces vêtements du quotidien sont de bons points de départ.
Le bordeaux avec de l’écru, du beige ou du denim
Le bordeaux peut donner du caractère à une base simple. Avec du beige, de l’écru ou du denim, il trouve sa place sans demander beaucoup d’autres détails. Il peut devenir la couleur autour de laquelle la tenue se construit.
À l’écurie, un t-shirt bordeaux peut se porter avec un pantalon d’équitation beige ou marine. En ville, on peut retrouver cette même simplicité avec un jean et une veste écrue. Ce sont des pistes à adapter aux pièces que l’on possède déjà.
Le marine avec du blanc ou des tons foncés
Le marine permet de jouer autrement. Avec du blanc ou de l’écru, le contraste est plus marqué. Associé à des tons foncés, il se fait plus discret. Une broderie, un bijou ou la matière d’une veste suffisent alors à changer son expression.
Un t-shirt marine avec un pantalon d’équitation clair dessine une tenue contrastée. Avec un jean brut et une veste, il retrouve sa place dans un vestiaire de ville, sans avoir besoin de multiplier les accessoires.
Pour un t-shirt pensé pour l’écurie comme pour la ville, cette facilité à passer d’une tenue à l’autre compte.
Il ne s’agit pas d’imaginer une garde-robe entière autour d’une nouvelle pièce, mais de voir comment elle rejoint celle que l’on aime déjà.
C’est dans cet esprit que s’inscrit le T-shirt Hysope Ed 01 en coton biologique : une pièce de notre vestiaire de cavalière, à associer selon ses envies.
Ce que je garde dans la marge
Les tests donnent des pistes. L’envie reste un repère à part entière.
On peut se reconnaître dans les tonalités dites froides et préférer le bordeaux. Aimer les bijoux dorés et choisir le marine. Chercher une couleur discrète, puis s’apercevoir que l’on revient toujours vers la plus présente.
Ce n’est pas une erreur à corriger. C’est aussi cela, construire son style : comprendre les associations qui nous plaisent, puis se laisser la liberté d’en essayer d’autres.
Bordeaux ou marine, la question n’est donc pas seulement de savoir quelle couleur nous va. C’est de reconnaître celle que l’on a envie de faire entrer dans son quotidien.
Laure
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